La Tunisie retient 309 projets solaires lors de son 6ᵉ round d'autorisations Retour
09 SEP 2026 15:04
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La Tunisie retient 309 projets solaires lors de son 6ᵉ round d'autorisations

Le ministère tunisien de l'Industrie, des Mines et de l'Énergie a annoncé les résultats du sixième round du régime des autorisations consacré au solaire photovoltaïque. Selon le communiqué relayé par la presse tunisienne à partir du 4 septembre 2026, 309 projets ont été retenus pour une puissance cumulée dont l'électricité sera intégralement revendue à la Société tunisienne de l'électricité et du gaz (STEG). Comme ailleurs sur le continent africain, à l'image des Comores, qui ont mis en service 20 MW de solaire financés par les Émirats arabes unis, ce type de dispositif vise à mobiliser rapidement des capacités de production auprès d'acteurs privés de taille intermédiaire. Le régime des autorisations cible en effet les petites et moyennes entreprises, les propriétaires fonciers et les petits investisseurs, dans le solaire comme dans l'éolien, la biomasse et les autres filières renouvelables. Un mécanisme d'attribution au fil de l'eau Ce cadre réglementaire est l'un des trois régimes tunisiens organisant la production privée d'électricité renouvelable, aux côtés du régime des concessions, réservé aux très grands projets, et du régime de l'autoconsommation. Institué par une loi relative à la production d'électricité à partir des énergies renouvelables puis précisé par un décret gouvernemental fixant les seuils de puissance par filière, il fonctionne par rounds successifs : le ministère publie un appel à projets fixant une capacité totale à attribuer et une fenêtre de dépôt des dossiers, les demandes étant ensuite traitées par ordre chronologique d'arrivée, dans la limite de la capacité d'absorption du réseau électrique aux points de raccordement désignés. Le dernier appel en date a, comme les précédents, suscité une demande supérieure au volume initialement mis en jeu. Cette multiplication de petites installations dispersées sur le territoire pose la question de la capacité du réseau à les absorber sans dégradation de la qualité de fourniture, un enjeu technique comparable à celui identifié par ABB, qui évalue à 0,35 % les pertes harmoniques générées par les installations solaires raccordées au réseau. L'électricité produite sous ce régime est vendue en totalité et de manière exclusive à la STEG, dans le cadre d'un contrat type d'achat, à des tarifs garantis fixés par arrêté ministériel. Ces tarifs sont différenciés selon la taille de l'installation : plus élevés pour les toutes petites installations, ils deviennent dégressifs à mesure que la puissance augmente, une logique destinée à compenser les coûts fixes proportionnellement plus lourds supportés par les petits projets. Pour les installations de plus grande taille financées en devises étrangères au sein de ce même régime, une part du tarif d'achat peut en outre être indexée sur l'euro, dans une limite fixée par le texte réglementaire — un mécanisme qui reflète le risque de change perçu par les investisseurs internationaux sur le dinar tunisien. Un changement de direction au ministère de tutelle Ce sixième round intervient dans un contexte de changement de direction au sein du ministère de tutelle. Fatma Thabet Chiboub, ministre de l'Industrie, des Mines et de l'Énergie depuis le 24 janvier 2024, a été démise de ses fonctions par le président de la République fin avril 2026. L'intérim est depuis assuré par Salah Zouari, ministre de l'Équipement et de l'Habitat. Belhassen Chiboub, directeur général de l'Électricité et des Énergies renouvelables au sein du même ministère, a lui aussi quitté ses fonctions le 5 mai 2026. Wael Chouchane, secrétaire d'État chargé de la Transition énergétique depuis janvier 2024, est en revanche resté en poste sur toute la période et continue de porter publiquement le dossier des énergies renouvelables. Aucune source consultée n'établit de lien de causalité entre ce changement de direction et les résultats de ce round. Le mécanisme d'achat garanti par la STEG s'inscrit par ailleurs dans un contexte financier tendu pour l'entreprise publique, seule acheteuse de cette électricité au titre du régime des autorisations.